7 JUIN > 1er SEPT 2012

CHRISTOPHER ANDERSON

SÈTE #12

© Christopher Anderson / Magnum Photos
© Christopher Anderson / Magnum Photos

Depuis 2007, CéTàVOIR invite chaque année un ou une photograhe en résidence. Une immersion de 4 à 6 semaines sur le territoire pour effectuer une carte blanche sur la ville. Sète devient peu à peu un «laboratoire» de la photographie documentaire contemporaine. Le travail de résidence est montré chaque année à l’occasion du rendez-vous de la photographie documentaire ImageSingulières puis à la MID.

« Généralement, lorsque l’on pense aux images, lorsque l’on les regarde et que l’on cherche à les apprivoiser, c’est l’idée – ou la réalité – du silence qui s’impose. Pourtant, avec la traversée de Sète par Christopher Anderson, c’est un bruit, un rythme plutôt, qui s’impose immédiatement. C’est celui des bandas. Celui, souvent ternaire, de ces célébrations qui marquent les moments dans lesquels la musique parle au soleil et aux corps. C’est une musique physique. Comme ses photographies. Des joutes, il restitue, dans des images puissantes et des cadrages enlevés l’effort, l’intensité, la concentration. Une façon unique de fixer le point précis vers lequel tout le corps est tendu vers le défaut de l’équilibre de l’autre. […] Tout point de vue – heureusement – est subject i f . Comment retrouver Sète (et quel le Sète ?) dans cette proposition aux trois couleurs ? C’est certainement en acceptant de suivre le rythme marqué du propos, en nous arrêtant sur les visages et les regards de ceux qui ne sont pas que du rouge, du bleu ou du blanc mais qui trouent la matière colorée de leur présence, en appréciant la lumière qui révèle la matière d’une bouée d’un bleu irréel, en dégustant la façon dont, sur fond rouge et surgissant d’un maillot rayé bleu et blanc le regard d’un jeune homme se donne, en appréciant la virgule de sang sur un coude éraflé durant le combat, en acceptant de voir que le blanc n’est jamais blanc quand une pauvre ampoule s’inscrit sur un mur ou que l’écume naît du ressac que nous pourrons redécouvrir, ou réinventer Sète. Car, malgré la dimension parfois abstraite de l’ensemble, dans la tension entre des notes cristallines et le souffle démesuré de la joute, c’est aussi une ville qui se dit.»

- Christian Caujolle

LE PHOTOGRAPHE > CHRISTOPHER ANDERSON

Né en Colombie Britannique en 1970, Christopher Anderson a passé une grande partie de son enfance au Texas, avant de vivre à New York et plus tard à Paris. À partir de 1996, pour le journal US News and World Report, il documente les questions sociales de la crise économique en Russie, la situation des réfugiés afghans au Pakistan et couvre l’élection d’Evo Morales en Bolivie. En 2000, il reçoit le prix Robert Capa Gold Medal pour son travail sur les émigrants haïtiens qui tentent de rejoindre les États-Unis. Il est nommé “Jeune photographe de l’année” par le prix Kodak en 2001 pour son sujet sur les lanceurs de pierre de la bande de Gaza et il reçoit la même année le Visa d’Or du festival Visa pour l’Image.

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