15 JUIN > 28 JUILLET 2018

STÉPHANE COUTURIER

SÈTE #18

© Stéphane Couturier / La Galerie Particulière, Paris - Bruxelles
© Stéphane Couturier / La Galerie Particulière, Paris - Bruxelles

Depuis 2007, CéTàVOIR invite chaque année un ou une photograhe en résidence. Une immersion de 4 à 6 semaines sur le territoire pour effectuer une carte blanche sur la ville. Sète devient peu à peu un «laboratoire» de la photographie documentaire contemporaine. Le travail de résidence est montré chaque année à l’occasion du rendez-vous de la photographie documentaire ImageSingulières puis à la MID.

« Nous ne pouvons qu’être frappés, écrit Stéphane Couturier, par l’analogie du réveil qu’évoque Paul Valéry lorsqu’il prononce, le 7 janvier 1939, son allocution à l’occasion du centenaire de l’invention de la photographie : « Peu à peu, çà et là, quelques taches apparaissent, pareilles à un balbutiement d’être qui se réveille. Ces fragments se multiplient, se soudent, se complètent, et l’on ne peut s’empêcher de songer devant cette formation, d’abord discontinue, qui procède par bonds et éléments insignifiants, mais qui converge vers une composition reconnaissable, à bien des précipitations qui s’observent dans l’esprit ; à bien des souvenirs qui se précisent ; à des certitudes qui tout à coup se cristallisent ; à la production de certains vers privilégiés, qui s’établissent, se dégageant brusquement du désordre du langage intérieur. » Le temps du surgissement, que Valéry ne se lasse pas d’observer, est le principe fondateur de ma série sur Sète. Pour chaque lieu retenu, le protocole consiste à choisir deux points de vue, par exemple en champ-contrechamp, afin de saisir une synthèse du lieu. L’équilibre recherché entre formes géométriques et combinaisons de couleurs peut, in fine, s’assimiler à une entreprise de déconstruction de la photographie.

Déconstruire, reconstruire, questionner le processus même de la vision pour relativiser le propos de représentation. Sète, comme d’autres lieux, d’autres espaces, d’autres géographies, est un territoire d’analyse. De la ville et de la photographie.Celle qui fut – et reste – la seule femme à avoir reçu la bourse de la Fondation Henri Cartier-Bresson a trouvé naturellement son rythme dans les décors marins de la ville et de ses alentours. C’est en effet la première fois que la résidence s’ouvre aux contours de l’étang de Thau et de la lagune. Le résultat de la carte blanche fait comme chaque année l’objet d’un livre, le douzième de la collection « imageSingulières » publié par Le Bec en l’air.. »
Clémentine Schneidermann a donc parcouru Sète et les communes voisines par temps de soleil, mais n’a pas insisté sur la chaleur. Elle a préféré rester en demi-teinte, à tous points de vue, ce qui lui permet d’offrir une souplesse de vision confortable. Elle ne décrit pas mais nous entraîne dans des espaces ocres dont les angles jamais trop brutaux attendent calmement des passants ou accueillent, parce qu’ils se font décor, des personnages. […]»

- Christian Caujolle

LE PHOTOGRAPHE > STÉPHANE COUTURIER

Stéphane Couturier est né en France en 1957. Il a commencé sa carrière de photographe à Paris, sa ville natale, au début des années 1990 et a depuis réalisé plusieurs importantes séries. Les photographies de Stéphane Couturier, qu’elles montrent un chantier à Berlin, des immeubles en ruine à la Havane ou une chaîne d’assemblage automobile à Valenciennes, parlent toutes de transformation. Un sujet qu’il aborde avec un sens certain de la construction et de la composition, assorti d’une sensibilité aiguë pour la couleur.

Exposition en partenariat avec

La résidence est soutenue par la Ville de Sète, la DRAC Occitanie, la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée, Sète Agglopôle Méditerranée, le Fonds de dotation Art, Culture et Patrimoine et le Laboratoire Photon.

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